Les trois étapes de l'EMU (European Monetary Union/Union monétaire européenne)

- Bien plus qu'une monnaie d'échange_

Trois raisons de dire non !

 

 

Le personnel de santé et du secteur public dans son ensemble a l'expérience de la deuxièm étape de l'EMU

Les paysans, les exploitants forestiers, les usagers de l'électricité, les habitants de l'arrière pays… ont une expérience de la première étape.

Le débat sur l'EMU aujourd'hui en Suède s'arrête trop souvent à des arguments qui relèvent du jeu de Monopoly, c'est-à-dire l'union monétaire et les jeux du pouvoir financier (autrement dit, la troisième étape de l'EMU).

Quand les questions relatives à l'industrie, à l'agriculture et aux ressources naturelles franchies lors de la première étape d'intégration, quand les questions relatives au secteur public et aux infrastructures (deuxième étape) viennent à être posées dans le débat électoral, il sera plus facile pour nous de comprendre sur quoi porte ce référendum mais aussi ce que signifie la construction de blocs économiques aujourd'hui, dans le monde.

 

 

 

Première raison :

- Risquer nos ressources naturelles et nos richesses.

 

La première étape de l'EMU a été adoptée à l'unanimité par le gouvernement. Nous sommes en marche vers un nouveau système économique et politique où la démocratie fondée sur la représentation du peuple et l'économie mixte serait peu à peu remplacée par_ ? (voir page 8 de la brochure)

Le gouvernement a, en se fondant sur la proposition ci-dessus, consciemment ou inconsciemment, sans recours ni débat, permis la vente libre de ressources naturelles (par exemple : terres agricoles, forêts, électricité)

Cette vente était présentée sous le titre : "droit des étrangers d'acheter des maisons secondaires". Cette proposition a été fondée sur un seul argument : la directive de l'Union Européenne concernant la libre circulation des capitaux. (Capitaux fixes comme les terres, forêts, bâtiments, industries, etc_ ou capitaux financiers).

Ainsi pour les ressources foncières, il deviendrait possible de transférer des concessions et des propriétés par-delà les frontières. (Notez le glissement sémantique du terme "capital" opéré par les autorités européennes).

La directive était annexée à la proposition et avait pour conséquence pratique d'engager la Suède dans l'Espace Monétaire européen le 31/12/92, avant même d'avoir intégré l'Espace Economique européen.(Directive concernant la libéralisation des capitaux)

L'exploitation et l'utilisation de nos vastes ressources naturelles ont dramatiquement évoluées au cours des dix dernières années, entraînant, entre autres, un exode rural massif.(plus de la moitié des fermes sont désormais abandonnées)

Aujourd'hui, nous voyons dans les régions bénéficiant de larges ressources naturelles comment les taxes et les bénéfices tirés de la forêt et l'énergie hydraulique désertent les régions productrices. Par exemple, la loi encourage les exploitants forestiers à araser leurs forêts et à vendre les terres sans replanter. Cette législation, conçue pour s'adapter à l'Union Monétaire Européenne (EMU), sabote la protection de l'environnement et la gestion à long terme des ressources naturelles. Elle est une des causes importantes de la désertification du nord de la Suède. Notre économie est très dépendante des ressources naturelles importantes du pays qui ont été et qui sont les conditions de notre bien-être.

 

Deuxième raison : EMU- une facilité pour se déplacer ou une union économique en sens unique ?

Le plafond des dépenses est supposé limiter le déficit du budget de l'Etat. Au milieu des années 90, le gouvernement a fixé un plafond pour les dépenses publiques. On parlait de finances saines et de remise en ordre des finances publiques. Ce que l'on ne disait pas c'est qu'en même temps, on s'adaptait aux "critères de convergence" (1) de l'EMU. Ces exigences de regroupement des politiques économiques impliquent que les dépenses de l'Etat ne doivent dépasser un plafond fixé en commun. (Les contraintes de dépenses fixées par l'EMU sont à l'origine de nombreuses exigences de l'Etat envers les communes et les régions. "Le chat sur la souris, la souris sur la corde"). La seconde étape de l'EMU était ainsi engagée et a eu des conséquences sur la santé, le système scolaire, etc_ mais aussi sur d'autres besoins sociaux, comme par exemple les services et les transports. C'est le personnel de santé, de la poste et du chemin de fer, ainsi que ceux qui ont été licenciés - davantage que les économistes et les politiciens - que l'on devrait interroger sur les conséquences du référendum du 14 septembre.

Le Pacte de Stabilité et de Croissance (2) établi entre les pays de la Communauté Européenne en 1996 et 1997 a amené des coupures budgétaires principalement dans les services de santé. Malgré de grandes différences de taille de population, de territoire ou de ressources naturelles, des structures culturelles, de langues ou de traditions, on a imposé un ordre strict et identique à l'économie de différents pays. Seules de petites exceptions ont été admises. Conséquence : lorsque la conjoncture de certains pays ne parvient à suivre celle de la majorité, en dépit des différences naturelles qui existent, ceux-ci sont soumis à des réductions budgétaires, une augmentation du chômage et des liquidations d'entreprises, à la privatisation des ressources de l'Etat.

Les politiciens parlent, surtout avant les élections, d'améliorations dans le système scolaire et dans la santé. Peut-être du fait de la limitation par la loi de leur latitude d'administration du secteur public.

Les mesures concernant l'emploi, les investissements d'infrastructure et les possibilités d'emprunt sont aujourd'hui remplacés par une régulation de la conjoncture à base de coupes sombres dans le système scolaire, dans la santé et le social.

Avant le référendum, nous avons le bilan des deux premières étapes : quelle sera la conséquence du troisième ?

 

Les questions d'industrie, d'agriculture et de ressources naturelles ont été franchies lors de la première étape. Les questions du secteur public et des infrastructures (deuxième étape) sont sur la table des élections, il sera plus facile pour nous de comprendre sur quoi porte ce référendum - mais aussi ce que signifie la construction de blocs économiques aujourd'hui dans le monde -.

1 - Les critères de convergence : entre autres, les dettes de l'Etat ne doivent dépasser 60% du PIB, le déficit du budget ne doit dépasser 3% du PIB, l'inflation ne doit dépasser de 1,5% l'inflation des états membres à l'inflation la plus basse.

2 - Le Pacte de stabilité et de croissante est presque la même chose que les critères de convergence.

 

Troisième raison EMU, l'Union monétaire ou l'Euro ?

 

 

Etape 3, l'étape finale de "l'union monétaire" n'est pas dissimulée sous de fausses rubriques ou promesses. La question est officiellement posée et nous aurons un référendum sur l'EMU. Les fondamentalistes monétaires partisans du OUI affirment que nous voterons sur l'EMU (sous-entendu : l'Euro). Certains portes-parole des organisations économiques et des partis des deux bords affirment également que nous allons voter au sujet de l'EMU (mais sous-entendu seulement l'Union monétaire).(1)

Avec le référendum, nous choisissons malgré nous, de faire partie ou de ne pas faire partie d'un système global. Personne, futur président ou autre, ne pourra réduire ou augmenter cet engagement (même si, pour des raisons tactiques, on a minoré la question du vote).

La formation de l'Union est un acte si considérable qu'elle ne pouvait se faire pacifiquement en moins de dix ans d'adaptations. (cf la proposition de rapport partiel de 1989)

Si nous nous engageons dans une troisième étape, le changement de système se poursuivra. Nous avons maintenant la possibilité de dire stop ou de repousser la question à plus tard en votant NON à la clause non-dite d'irréversibilité de l'EMU. (page 8 de la brochure : Pas à pas)

12 pays on déjà accompli les trois étapes de l'intégration à l'EMU. La Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède n'ont accompli que les deux premières étapes. Nous pouvons, dans nos propres zones monétaires, choisir une politique budgétaire plus autonome pour, si besoin, diminuer les conséquences des deux premières étapes en adaptant les taux d'intérêt à la situation de la nation entière.

Dans l'Union monétaire les taux d'intérêts sont décidés par la Banque européenne (ECB) qui, sans possibilité de marche arrière, a remplacé les 12 banques nationales. La direction de l'ECB, à Frankfort, fonctionne parfaitement en vase clos, a contrario des habitudes démocratiques traditionnelles dans les pays nordiques. Sa mission est de considérer l'Union européenne dans son intégralité et de fonctionner avec le même thermostat économique pour toute l'Union -même si l'Irlande surchauffe et l'Allemagne refroidit-.

Ensuite vient la question de l'Euro : est-ce vraiment une grande question, les pièces et les billets ?

 

 

 

 

Résumé du reste de la brochure : Sont décrites les conséquences, en particulier pour le nord de la Suède, quand de semblables principes économiques sont imposés dans l'ensemble du pays (1850 à 1906 et de 1967 à 1974).

Nous avons toutes les raisons de croire que la Suède, avec sa faible population et ses ressources naturelles énormes par rapport au reste du continent, sera touchée économiquement et dans son système démocratique en adhérant à l'EMU. Une colonisation, avec un déplacement des ressources et une centralisation, est probable, semblable à ce qu'a déjà connu le nord de la Suède dans l'histoire moderne du pays (cf les trois étapes de l'EMU).

Des pays de l'Est, avec les mêmes raisons que les nôtres, ont demandé dans leurs négociations avec l'UE à ne pas passer par la première étape de l'EMU. Les principes économiques sont inscrits dans les traités de la Communauté Européenne.

 

 

 

Les effets dans le Norrland &endash; Les effets globaux.

Une quatrième raison de dire non

 

"Aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire du monde, l'agriculture et la population rurale sont frappés par les mêmes directives politiques et les mêmes principes économiques à court terme." (citation de José Bové, invité à Ostersund par Nordbruk pour les journées du Conseil des Minsitres 2001. Librement retraduite du suédois…)

 

Les effets que nous constatons aujourd'hui en Suède et dans UE/EMU et ces principes économiques nouveaux pour nous, le sont aussi globalement.

Nordbruk montre ici (dans sa brochure) de façon simplifiée comment au sein même de la Suède, par périodes, et maintenant au sein de l'UE/EMU, est aujourd'hui menée une politique coloniale, fondée sur des principes qui aggravent les rapports Nord-Sud.

La volonté de l'UE de former l'EMU aura pour conséquence que des pays nordiques peu peuplés et des pays de l'Est, pauvres mais riches en terres agricoles, se trouveront pris dans un conflit Nord-Sud continental.

 

 

Les paysans de Nordbruk remercient pour la place qui leur a été accordée dans Miljömagasinet.

Il a été important pour nous de cesser de labourer nos jachères de dix ans pour labourer les expériences et les connaissances de l'Union Européenne /Union Economique Européenne en Suède, en Europe en compagnie de petits paysans, de pêcheurs côtiers et les sans-terre à travers le monde. Ce qu'on voit chez nos collègues, en Europe dans l'organisation parapluie CPE (L'organisation parapluie des paysans européens) et dans le monde au sein du mouvement Via Campesino, est que tous les laboureurs de la nature dans le monde auraient besoin de tous les NONs possibles contre la mondialisation, là où les acteurs jouent à court-terme avec nos ressources renouvelables et vont à l'encontre des droits de l'homme fixés par les Nations Unies.

Un NON le 14 septembre peu aussi être un NON contre l'esprit de profit qui s'étend de plus en plus en Suède, sur le continent et plus globalement. Cela pourrait être un OUI pour une bonne gestion des ressources partout dans le monde.

 

Liens avec les autres organisations du réseau sur le site : www.nordbruk.org

 

Images et texte : Torgny Östling.

Le texte a été élaboré avec le soutien de :Folkrörelsen Nej till EU?, Nätverket Nej till EMU/La Région de Jämtland, Landsbygdsnätverket pour un Non à l'EMU (associations paysannes à Halland, Sjuhärad, Familjejordbrukarna i halland et NordBruk.) Annexe à Kritiska EU-fakta.